Je ne suis qu'un poète débraillé.
" Un vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne" A Chavée

 ...depuis qu'il a arrondi ses moustaches post-staliniennes et y a adjoint une barbiche à la Trotsky, Richard Taillefer se rêve en desposte d"une machine à faire le bonheur". Il rêve le juste, l'amour, l'égal; il aime le beau, sans masque ni trompe l'oeil; il dit le vrai sans faire de mots, sans verser dans l'hallalittérature...
Sa langue est celle des hommes de tous les jours mais son coeur parle de toutes les langues dès lors que l'être est en souffrance. Il sait aimer, c'est à cela que l'on reconnaît un poète, et sa poésie est sans pareille, elle déroule un film en noir et blanc où le mot liberté, se glisse -subliminal- comme une maladie incurable...

 François Vignes

 

IMG_7477___copie 

DECHARGE 148. NOTES DE LECTURES PAR JACMO: "Jusqu'à ce que tout s'efface"

 

Un titre définitif et prémonitoire. Richard taillefer n'écrit pas en dilettante pour briller dans les salons.

Sa poésie est vitale, à savoir un engagement avec ce qu'on appelle et qu'on a du mal a cerner: la vie.

Et implicitement la mort. Le bruit de la pluie / Parvient-il à te faire exister / quand il fait sombre ?

Deux problématiques se côtoient dans son recueil: cette première dualité donc et la seconde: moi / les

autres. Tous les poèmes tournent autour de ces deux pôles. On construit ses rêves / dans le regard de

l'autre. Tout est dit. Il y a l'orgueil, la vanité d'un côté et la tendresse, l'affection, la solidarité de l'autre

qui se combattent tout au long du cheminement quotidien. Quelquefois l'auteur s'exclame: Je  tue  nous !

Richard taillefer n'est pas un poète du dimanche. Il y joue entièrement son existence. Dans une gravité

absolue. On rappellera pour les plus anciens qu'il s'est longtemps occupé de la revue Poésimage qui avait

grande réputation, et qu'on le retrouve en photo en quatrième de couverture tel un tchekhov de banlieue.

L'oubli / Est un renoncement complice.

 

jacques MORIN

 

efface_Cover 

Je ne suis rien d'autre
> que tout cela à la fois
> Ma faiblesse est hautaine
> comme un chapeau de roi
>  
>  
> J'ai toujours rêvé de flâner par mers et fleuves
> Partir au milieu de la nuit sans un geste sans un mot
> Emporté par le vent violent    Appuyé sur mon bâton
> Comme voile à son mât
>  
> Mais
> Plus je regarde au loin   plus je m'en éloigne
> La lune se couche   Le gel emplit le ciel
>  
> Seul
> le son d'une cloche
> Jusqu'à moi me parvienne
>  
>  
>  
> Que retiendront ces murs
> Peut-être rien ?
> Peut-être un signe ?
>  
> Entends-tu la mer
> Dans les roulis de l'aube ?
>  
> Extrait de "Jusqu'à ce que tout s'efface" E.Dédicaces